B Logistics vise le vert en 2017

B Logistics vise le vert en 2017 green_squares


Quotidien Le Soir, le 17 novembre 2016

La société de fret était en faillite virtuelle en 2009.  Elle étend sa toile en Europe avec son réseau Green Xpress.  

Et si le bout du tunnel était enfin en vue pour B Logistics ? Geert Pauwels, l’administrateur délégué de l’opérateur de transport ferroviaire de marchandises veut y croire. Avec d’autant plus d’optimisme que pour l’ancienne division fret de la SNCB, le tunnel a bien failli se transformer en tombeau. « En 2009, notre Ebitda (NDLR, résultat opérationnel) était de – 115 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 340 millions, explique le patron. On était virtuellement en faillite. » Laminée par l’ouverture du marché en 2007 et par la crise économique, l’ex-B Cargo n’a alors eu d’autre choix que de s’administrer un traitement de cheval. « On avait trois options, rappelle Geert Pauwels. Soit tout arrêter, ce qui aurait coûté un milliard d’euros à la SNCB. Soit vendre B Cargo, mais personne ne voulait acheter. Soit restructurer nous-mêmes. »

Une restructuration qui sera douloureuse, et qui passera par la filialisation de la société en 2011, puis par l’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire (fin 2015), le fonds d’investissement français Argos Soditic. Mais qui fera surtout mal sur le plan social, avec la nécessité de conclure des accords pour le transfert d’une partie du personnel de la SNCB vers B Logistics, mais aussi de se séparer d’une partie du personnel : de 5.000 travailleurs à l’époque, B Logisctics n’en compte plus que 1.900 aujourd’hui. « Ce ne sont pas des emplois perdus, mais des emplois sauvés, puisqu’on était en faillite », assure Geert Pauwels.

Une cure d’amaigrissement qui s’est accompagnée d’un changement de mentalité. « Nous avons longuement parlé avec tous les membres du personnel, pour leur faire comprendre qu’ils pouvaient prendre des initiatives, rappelle le CEO. Nous avons voulu valoriser la compétence différemment. » Une « culture du changement » opposée à celle du « statu quo » à la SNCB. « Nous avons fait la preuve que ce changement est possible, même au sein du groupe SNCB », défend Geert Pauwels.

Troisième étape : le développement

En 2016, le résultat opérationnel de B Logistics devrait être positif de 30 millions d’euros (contre + 15 millions en 2015), malgré une fonte des volumes transportés, qui sont passés de 50 millions de tonnes en 2009 à 30 millions de tonnes aujourd’hui. « Pour la première fois en 2015, les volumes ont recommencé à augmenter, d’environ 4 % », note encore le patron. Et une nouvelle hausse est attendue en 2016. Et si le résultat net affichera toujours « une légère perte » cette année, Geert Pauwels veut croire à un retour au bénéfice « pour 2017 ».

Après les phases de « survie » et de « transformation », B Logistics a donc entamé depuis deux ans le troisième volet de son plan de sauvetage : le développement de son offre commerciale pour retrouver une croissance rentable via le « modal shift ». Traduisez : le transfert d’une partie du transport des marchandises par camion vers le rail. « Pour cela, nous devons être à l’écoute de nos clients et mettre les bons produits sur le marché », explique Geert Pauwels. C’est ce que B Logistics a appelé le réseau Green Xpress : une toile de routes commerciales ferroviaires vers différents pays européens (Pays-Bas, France, Allemagne, Suisse, Autriche, Slovaquie, République tchèque, Roumanie et Suède), desservies non plus en fonction des contrats décrochés avec les clients mais sur base régulière (5 trajets directs par semaine depuis le « hub » du port d’Anvers vers Bâle par exemple), mixant trafic de flux (acier, chimie…) et containers. Ce faisant, B Logistics prend le risque de rouler en partie à vide. Mais la société garantit un temps de trajet plus court et une plus grande ponctualité. « Avec ces liaisons directes, nous sommes concurrentiels avec les camions à partir de trois trajets par semaine sur des longues distances, constate Geert Pauwels. On ne s’arrête plus en route, nous roulons nous-mêmes et à horaires fixes. On a une meilleure utilisation des moyens.. On travaille mieux. »

B Logistics veut donc étendre encore son réseau Green Xpress (vers l’Espagne ou la Pologne, notamment). Avec l’appui de son actionnaire français. « Argos a facilité la gouvernance, pointe le CEO. Il nous soutient dans notre développement, avec des moyens financiers supplémentaires. On a une bonne taille, on peut créer une dynamique. » Une volonté qui devrait se traduire dans les prochains mois par… un changement de nom. « On aime bien le Logistics, mais le B, c’est autre chose : nous avons une ambition européenne », conclut Geert Pauwels.

BERNARD PADOAN

 

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